Pourquoi deux chandeliers et qui est le personnage Bienvenu Myriel ?

 

Dans le roman « Les Misérables » de Victor Hugo, Bienvenu Myriel, évêque de Digne, offre à Jean Valjean, à peine sorti du bagne, le couvert et le gîte alors que ce dernier est rejeté de tous.

Malgré l’accueil qui lui est réservé, Jean Valjean s’empare dans la nuit de l’argenterie, avant de s’enfuir. Le lendemain, interpellé par les gendarmes, Jean Valjean est présenté à Bienvenu Myriel.
Mesurant parfaitement le vol commis, Bienvenu Myriel ne soutient pourtant pas l’accusation et affirme avoir donné à Jean Valjean l’argenterie trouvée entre ses mains.
Contre toute attente, Bienvenu Myriel ajoute que Jean Valjean a omis de prendre les deux chandeliers en argent qu’il lui a également offerts. Jean Valjean, qui ne parvient pas à réagir face à tant de mansuétude, n’entend que la voix de Bienvenu Myriel qui lui rappelle qu’avec ses deux chandeliers, il est désormais libre de son chemin de vie.

 

 » — Mon ami, reprit l’évêque avant de vous en aller, voici vos chandeliers. Prenez-les.
Il alla à la cheminée, prit les deux flambeaux d’argent et les apporta à Jean Valjean. Les deux femmes le regardaient faire sans un mot, sans un geste, sans un regard qui pût déranger l’évêque. Jean Valjean tremblait de tous ses membres. Il prit les deux chandeliers machinalement et d’un air égaré.
— Maintenant, dit l’évêque, allez en paix.
— À propos, quand vous reviendrez, mon ami, il est inutile de passer par le jardin. Vous pourrez toujours entrer et sortir par la porte de la rue. Elle n’est fermée qu’au loquet jour et nuit.
Puis se tournant vers la gendarmerie :
— Messieurs, vous pouvez vous retirer.
Les gendarmes s’éloignèrent. Jean Valjean était comme un homme qui va s’évanouir. L’évêque s’approcha de lui, et lui dit à voix basse :
— N’oubliez pas, n’oubliez jamais que vous m’avez promis d’employer cet argent à devenir honnête homme.
Jean Valjean, qui n’avait aucun souvenir d’avoir rien promis, resta interdit. L’évêque avait appuyé sur ces paroles en les prononçant. Il reprit avec solennité :
— Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien. C’est votre âme que je vous achète ; je la retire aux pensées noires et à l’esprit de perdition, et je la donne à Dieu. »

 

Les Misérables Première Partie Fantine Livre Deuxième La Chute Chapitre XII – Victor HUGO

 

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