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Homme, citoyen, époux, père et avocat : tels sont les cinq états cumulés qui forment ma vie. J’ignore si on naît avocat mais je sais qu’on n’est pas qu’avocat. Pourtant le temps consacré, l’énergie consommée, le sommeil troublé, l’attention et les convictions données à ceux qui me font la confiance de les aider offrent à l’avocat des privilèges que l’enfant reproche au père, la femme au mari, la société au citoyen et l’homme à lui-même.

Je suis donc avocat à plein temps conformément à mon serment prêté passé trente ans, voici plus de quinze ans maintenant. On ne cesse pas d’être avocat ni en refermant la porte de son cabinet avant de le quitter, ni éteignant sa lampe de chevet pour trouver le repos dans l’obscurité calme et silencieuse. Servir et défendre sont aujourd’hui les verbes de mon activité. Elever et construire les ont précédés et les inspire toujours.

Enseigner, transmettre un savoir ou un message, a imprégné ma vie d’une encre indélébile et inépuisable : je ne vois d’autre utilité à la vie que d’apprendre, apprendre des autres, apprendre sur soi. La vie est une formation continue, que l’on agisse ou que l’on écoute, que l’on parle ou que l’on se taise. Ecrire et parler, conclure et plaider, c’est chercher à convaincre : c’est mon métier. Servir la Justice, défendre l’homme au milieu des lois, l’homme partout où il est, partout où il se commet et souvent se compromet : c’est mon ambition autant que ma mission.

 

Une devise ?

« Les défendre tous »

 

En savoir plus

Je pratique essentiellement le droit public et le droit pénal, par goût et parce que j’ai la chance de ne pas exercer seul et de pouvoir choisir ma pratique professionnelle.

 

Je suis formé au droit de la puissance publique, à ces règles qui ont la prétention d’empêcher ou de limiter la force lorsqu’elle prétend seule à l’autorité parce qu’elle est la plus forte, force de l’Etat d’abord mais aussi celle de tous les pouvoirs publics lorsqu’ils pèsent de leur poids pour faire plier la loi qui les limite et le citoyen qui leur résiste. Le droit public ou administratif est ma spécialité : sans lui les hommes au pouvoir pourraient lever l’impôt et le dépenser comme bon leur semble, sans lui ces mêmes hommes donneraient des autorisations ou opposeraient des interdictions au gré de leur intérêt personnel, sans lui l’intérêt général n’aurait aucun sens puisqu’il n’aurait pas même d’existence.

 

J’aurai pu m’en tenir à l’avocat publiciste, mais mon arrivée à Dijon depuis Paris a fait de moi aussi un pénaliste, plus encore diront certains, plus visible corrigerais-je. Le droit public est un droit discret, plutôt écrit où l’on plaide avec parcimonie et brièvement devant des juridictions administratives peu habituées à l’intérêt médiatique. Tout au contraire, le droit pénal est exubérant, dominé par l’oralité des débats et la publicité des audiences, où l’image de l’avocat est celle d’un orateur dont le premier talent est d’être à la hauteur du crime au moment même où on lui fait le reproche d’être au côté de celui qui en est accusé. L’opinion publique est attiré par les avocats au pénal parce qu’elle est attiré par la violence : celle du crime, celle du droit et de la force, celle de l’audience, celle de la peine attendue ou prononcée enfin. Comparer droit public et droit pénal, c’est confronter l’émotion suscitée par l’attribution irrégulière d’un marché public avec l’indignation provoquée par l’attribution frauduleuse du même marché : la première parlera de procédures obscures et d’effets compliqués quand la seconde en appellera aux gros mots de corruption et de peine de prison.

 

Pourtant, ces deux droits dans ma pratique ont bien plus en commun que les différences dont on use pour les opposer et il constitue pour moi un équilibre utile dans un même combat, celui du droit contre la force, de la liberté contre la soumission, finalement et plus simplement du bon sens contre la bêtise. Ils appartiennent l’un et l’autre au droit des prérogatives de la puissance publique sur le citoyen, leur objet et leurs buts sont donc commun mais aussi leurs moyens faits de force et d’autorité dangereuses pour la liberté s’ils s’affranchissent de la loi et des motifs d’intérêt général pour lesquels ils sont confiées à ceux qui sont chargés d’en user pour le bien commun. L’administration fiscale comme la justice pénale disposent de moyens qualifiés d’exorbitant du droit commun car aucun citoyen ne pourrait légalement en posséder ou s’en emparer pour servir son intérêt, tellement ces moyens peuvent attenter aux droits fondamentaux de la personne et ne sont autorisés à le faire que pour les motifs d’intérêt général désignés par la loi.

 

Le publiciste est ainsi intellectuellement prédisposé au droit pénal, sous la seule réserve des exigences de l’oralité particulières à l’audience pénale et de rapports de force moins feutrés et plus médiatisés. Le droit public est essentiellement écrit mais la parole y a accru sa place. Quant au droit pénal, c’est son image qui est dominée par la plaidoirie mais sa réalité est profondément marquée par la rédaction de mémoires et de conclusions, qu’il s’agisse de soulever une nullité de procédure ou de poursuivre la remise en liberté du prisonnier.

 

Dans ma pratique de l’un comme de l’autre droit, il y a en tout état de cause beaucoup de travail et d’investissement personnel. Ils forment en moi un équilibre de leurs différences et de leurs ressemblances mélangées au sein d’un combat unique contre ce ou ceux qui tendent à faire de la force qui doit être commune, un usage personnel dont l’effet inévitable est de priver l’individu, quel qu’il soit et quoi qu’il soit, du respect sans lequel il n’y a plus ni homme ni humanité.

 

► Maître Bruno NICOLE – Avocat associé
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